Nous adaptons le kit syntaxique de Curien-Herbelin afin de donner un compte-rendu syntaxique précis des preuves focalisées (en calcul des séquents) de la logique linéaire. L'exposé analyse divers choix syntaxiques, que l'on regroupe de manière générique (en suivant Munch) sous le nom de "système L". L'exposé comprend cinq parties: 1) rappel du kit syntaxique: "lambda bar", "mu", "mu tilde". Le slogan principal est qu'une coupure correspond (Curry-Howard) à un état d'une machine abstraite. 2) Le cadre polarisé / focalisé. Ici le slogan est "rompre la symétrie complète gauche-droite (ou positif-négatif) pour obtenir la confluence dans un cadre classique". 3) Première syntaxe (Curien): introduction d'une notion de "contre- motif" qui colle particulièrement bien à la décomposition réversible des connecteurs à gauche (ou négatifs) (cf. aussi les éliminations gauches dans les tactiques Coq). Cette syntaxe souligne que "bénitier (Andreoli-Girard) = valeur (Plotkin)". 3.5) Critique de cette syntaxe, qui réalise un quotient bancal sur les preuves. 4) Deuxième syntaxe (Curien): on quotiente davantage et on arrive au "système L synthétique", qui ressemble à la logique LU de Zeilberger et à la ludique. Le grain de sel original ici est un jeu entre motifs et contre-motifs. 5) Les syntaxes suivantes sont inspirées par le travail de Munch (http://perso.ens-lyon.fr/guillaume.munch ): a) On considère les contre-motifs comme du sucre syntaxique (et au passage on quotiente moins); b) On distingue la dualité droite/gauche (code/environnement) de la dualité positif-négatif (eager/lazy), de façon à pouvoir distinguer un tenseur strict d'une somme lazy. De plus, on permet le mélange strict/lazy grâce à des opérateurs "shift" de changement de polarité. c) On passe à une syntaxe "faiblement polarisée" où la polarité d'une formule est seulement donnée par celle du connecteur de tête. Ceci permet de garder les shifts implicites. On aboutit ainsi au "système L focalisé (bilatéral)" de Munch (dans une variante avec bénitier).